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Marie Gosme
Chargée de Recherches
Parcours :

Après avoir passé son diplôme d’ingénieur agronome à l’Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Rennes (promo 150), Marie Gosme a réalisé sa thèse à l’INRA de Rennes, dans l’unité Biologie des Organismes et des Populations pour la Protection des Plantes (BiO3P), sur la modélisation spatio-temporelle des maladies d’origine tellurique et en particulier le piétin-échaudage du blé (2004-2007). Elle a ensuite fait un post-doctorat à l’Université de Cambridge dans l’équipe « Epidemiology and Modelling » sur la diversité phénotypique de Gaeumannomyces graminis var tritici et ses conséquences épidémiologiques et évolutives (2007-2008). Elle a été recrutée en 2007 comme Chargée de Recherches à l’INRA dans l’unité d’Agronomie pour travailler sur l’analyse de l’effet du mode de gestion des systèmes de culture et des espaces interstitiels sur les dynamiques écologiques au sein de l’agro-système à l’échelle d’un territoire.
Domaine de recherches :
Il est nécessaire de repenser l’agriculture pour réduire sa dépendance vis-à-vis des pesticides. En effet, ils ont été l’une des avancées technologiques majeures qui ont permis une augmentation spectaculaire de la production alimentaire depuis un demi-siècle mais ce modèle de développement agricole a atteint ses limites (pertes de durabilité) et ses impacts négatifs (sur la santé humaine et sur l’environnement) sont de plus en plus largement reconnus. Les systèmes de culture « à bas niveaux d’intrants » (dont l’agriculture biologique fait partie) visent à réduire l’utilisation de tous les intrants (engrais, pesticides, régulateurs de croissance) simultanément tout en maintenant le revenu des agriculteurs. Ils font l’objet de nombreuses recherches, en particulier dans notre unité, et commencent à se développer sur le terrain mais demeurent néanmoins minoritaires dans le paysage agricole, dominé par des systèmes dits « conventionnels », plus intensifs. Or les bioagresseurs (maladies, insectes, adventices) et leurs ennemis naturels (antagonistes, prédateurs et parasitoïdes, agents pathogènes d’adventices) sont sensibles au système de culture et sont susceptibles de se disperser entre parcelles, introduisant des interactions entre les différents systèmes à l’échelle du territoire.
Dans ce contexte, plusieurs questions appliquées apparaissent, liées à la coexistence des différents systèmes et à l’existence de flux d’organismes entre parcelles :
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Les systèmes bas intrants (voire biologiques), dont les performances sont gouvernées par l’existence de régulations biologiques, sont-ils viables s’ils se trouvent à proximité de parcelles recevant des doses importantes de pesticides réduisant la biodiversité à l’échelle du paysage ?
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A contrario, les systèmes bas intrants, tolérant des infestations parfois importantes de bioagresseurs, ne risquent-ils pas de contraindre les agriculteurs voisins à augmenter les traitements phytosanitaires pour contrôler les bioagresseurs venant des parcelles non contrôlées ?
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Les méthodes de luttes alternatives utilisées actuellement dans les systèmes bas intrants garderont-elles une efficacité suffisante dans un contexte où l’inoculum ne serait plus contrôlé à l’échelle du paysage ?
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Par conséquent, les différents systèmes peuvent-ils coexister ou faut-il envisager des zones bas intrants bien séparées de zones intensives ? Y a-t-il des mosaïques de cultures, de modes de conduites ou des tailles de parcelles à privilégier pour avoir globalement un impact positif sur l'environnement (en termes de réduction de l’utilisation des pesticides) ? Faut-il envisager d'utiliser, dans les systèmes à bas intrants, des variétés beaucoup plus résistantes que celles utilisées actuellement ?
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Les objectifs du projet de recherches de Marie Gosme sont donc de quantifier, comprendre et modéliser les effets des pratiques culturales et de l’environnement parcellaire sur le développement des profils de bioagresseurs à une échelle supérieure à la parcelle, en vue de proposer à terme une gestion spatiale des systèmes de culture limitant la présence de maladies, d’insectes phytophages et d’adventices.
Programmes en cours :
Dans un premier temps, Marie Gosme a pris en charge le programme PIsage ( Profils de bioagresseurs et Interactions entre Systèmes de cultures à l'échelle du pays AGE). Ce programme a pour but d’estimer la part de variabilité inter-parcellaire du profil de bioagresseurs d’une culture donnée attribuable aux différents facteurs que sont le contexte pédo-climatique, l’itinéraire technique appliqué à la parcelle et la gestion des parcelles du voisinage. Il comprend deux tâches : (1) le recueil, auprès des agriculteurs de zones choisies, des pratiques culturales appliquées sur l’ensemble des parcelles de la zone et (2) le suivi épidémiologique des bioagresseurs se développant dans un échantillon de parcelles agricoles situées dans ces zones.
A moyen terme, et si les interactions entre parcelles voisines expliquent une part importante de la variabilité, il faudra identifier les leviers qui permettraient de minimiser les effets néfastes (multiplication d’inoculum) et/ou de maximiser les effets bénéfiques (régulations biologiques) et prédire l’effet de la mise en œuvre de ces leviers. Pour cela, Marie Gosme développera un modèle générique capable de représenter les cycles de vie des bioagresseurs et l’effet des conditions climatiques et agronomiques sur les différentes phases des cycles, et représentant l’espace sous forme d’une hiérarchie d’échelles emboitées.
A plus long terme, Elle souhaite continuer à développer sa problématique sur un double positionnement : le développement de systèmes de culture réduisant l’utilisation des pesticides (dont l’agriculture biologique) et la prise en compte d’ échelles spatiales supérieures à la parcelle.
Participation à des projets nationaux et internationaux :
Marie Gosme participe à un projet européen (projet collaboratif « Strategies for Organic and Low-input Integrated Breeding and Management »)
Voir aussi
1. Articles scientifiques (revues avec comité de lecture)
- Gosme, M., Willocquet, L., and Lucas, P. (2007) Size, Shape and Intensity of Aggregation of Take-all Disease during Natural Epidemics in Second Wheat Crops. Plant Pathology, 56: 87-96. doi: 10.1111/j.1365-3059.2006.01503.x
- Lebreton, L., Gosme, M., Philippe Lucas, Guillerm-Erckelboudt, A.-Y. and Sarniguet, A. (2007) Linear relationship between Gaeumannomyces graminis var. tritici (Ggt) genotypic frequencies and disease severity on wheat roots in the field. Environmental Microbiology, 9: 492-499. doi: 10.1111/j.1462-2920.2006.01166.x
- Gosme, M. (2008) L'analyse de la structure spatiale et la modélisation du développement spatio-temporel des épidémies botaniques. Canadian Journal of Plant Pathology 30 :4-23
- Gosme, M. and Lucas, P. (2009a) Cascade: an epidemiological model to simulate disease spread and aggregation across multiple scales in a spatial hierarchy. Phytopathology 99 : 823-832. doi: 10.1094/PHYTO-99-7-0823
- Gosme, M. and Lucas, P. (2009b) Disease spread across multiple scales in a spatial hierarchy: effect of host spatial structure, and of inoculum quantity and repartition. Phytopathology 99: 833-839. doi: 10.1094/PHYTO-99-7-0833
- Gosme, M. and Lucas, P. (2009c) Combining experimentation and modelling to estimate primary and secondary infections of take-all disease of wheat. Soil Biology and Biochemistry, 41: 1523–1530. doi: 10.1016/j.soilbio.2009.04.012
- Gosme, M., Suffert, F., Jeuffroy, M.-H., 2009. Intensive versus low-input cropping systems: what is the optimal partitioning of agricultural area in order to reduce pesticide use while maintaining productivity? Agricultural Systems. Sous presse. doi: 10.1016/j.agsy.2009.11.002
2. Communications dans des congrès et colloques
- Feder F., Gosme M., Chabalier P., Saint Macary H., Doelsch E., Isautier J. (2004) Recyclage de déchets par la canne à sucre : essais avec des vinasses de distillerie. In : La canne, une passion à partager : rencontres internationales pluridisciplinaires 2-5 octobre 2002. - Piton Saint-Leu : Seml Reunion Museo, 14 p. (présentation orale)
- Gosme, M., Willocquet, L., and Lucas, P. (2006). Spatial pattern analysis of take-all disease of wheat. APS/CPS/MSA Joint Meeting, Québec, Canada, 29 Juillet – 2 Août 2006. Phytopathology 96: S41. (présentation orale)
- Gosme, M., Willocquet, L., and Lucas, P. (2006). Analyse de la structure spatiale d'épidémies naturelles de piétin-échaudage du blé causé par Gaeumannomyces graminis var. tritici. VI Rencontres de Phytopathology/Mycologie de la Société Française de Phytopathologie, Aussois, 15-19 Janvier 2006. p35 (présentation orale)
- Lebreton, L., Gosme, M., Lucas, P., Guillerm-Erckelboudt, A.-Y. and Sarniguet, A. (2006) Linear relationship between Gaeumannomyces graminis var. tritici (Ggt) genotypic frequencies and disease severity on wheat roots in the field. VI Rencontres de Phytopathology/Mycologie de la Société Française de Phytopathologie, Aussois, 15-19 Janvier 2006. p35 (poster)
- Gosme, M. and Lucas, P. (2008) Un modèle spatialement explicite du développement spatio-temporel des maladies d’origine tellurique. VII Rencontres de Phytopathology/Mycologie de la Société Française de Phytopathologie, Aussois, 20-24 Janvier 2008 (poster)
- Gosme, M., Lebreton, L., Sarniguet, A., Lucas, P., Gilligan, C. and Bailey, D.J. (2009) Phenotypic variability between isolates of the take-all fungus and trade-off between infection efficiency and survival. 10th International Epidemiology Workshop, Geneva, USA, 9-12 Juin 2009 (poster)
3. Autres articles ; rapports de recherche
- Bailey, D.J., Gosme, M., Lucas, P., Paveley, N., Spink, J., Cunniffe, N. and Gilligan, C.A. (2006) Developing a rationale to integrate take-all control measures, reduce disease impact and maximise wheat margins, HGCA report No. 398, London.
4. Thèse
- Gosme, M. (2007). Modélisation du développement spatio-temporel d'épidémies d'origine tellurique. Rennes, ENSAR. Thèse de doctorat: 202pp. http://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00130776/fr/
Rédaction :
Marie Gosme
Date de création : 02 Avril 2011
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